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Le travail minimum du sol aide à atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre

Indian Head, Sask., le 14 juillet, 2004

Malgré les disparités régionales, les producteurs canadiens sont en voie de découvrir que le recours à des pratiques culturales comme le semis direct et le travail minimum du sol comporte des avantages sur les plans de la production et de l'environnement, affirment les spécialistes en conservation des sols.

Ces techniques, qui servent à éliminer ou à réduire le travail du sol dans les productions végétales, jouent aussi un rôle clé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, précise Jérôme Damboise, coordonnateur du Programme d'atténuation des gaz à effet de serre (PAGES) (région de l'Est) pour le secteur canadien. Les composantes de gestion des sols et des nutriments du programme sont gérées par le Conseil de conservation des sols Canada (CCSC).

Des détails expliquant en quoi les pratiques culturales telles que le semis direct et le travail minimum du sol aident le Canada à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre figurent dans un article vedette récemment publié et maintenant affiché sur le site Web du CCSC à : www.soilcc.ca.

« Un nombre croissant de producteurs se rendent compte que les pratiques culturales de conservation peuvent améliorer la productivité et la rentabilité des cultures », précise M. Damboise. « Elles peuvent aider à maintenir ou à augmenter le rendement des cultures, tout en réduisant le coût de production. En outre, les techniques de conservation des sols et de l'humidité ont une fonction importante dans la séquestration du carbone dans le sol. »

Les chercheurs qui s'intéressent au changement climatique au Canada estiment que le recours à des bonnes pratiques de gestion comme le semis direct sol permettrait aux terres agricoles canadiennes de stocker ou de séquestrer jusqu'à 22 millions de tonnes de dioxyde de carbone atmosphérique par année. Ils croient également qu'en améliorant la production et la gestion des pâturages, ceux-ci pourraient stocker un autre trois millions de tonnes de dioxyde de carbone.

Des pratiques de production comme le semis ou l'ensemencement direct, combinées à un recours réduit aux jachères d'été, pourraient contribuer à stocker annuellement de 0,3 à 0,5 tonne de carbone par hectare dans le sol, compte tenu des conditions atmosphériques et de l'humidité.

Les approches liées au semis direct et aux pratiques agricoles de conservation doivent être modifiées en fonction des besoins particuliers des régions du pays. Dans la plupart des régions de l'Ouest canadien, par exemple, on a démontré l'avantage qu'il y a à utiliser un semoir pour pour ensemencer directement dans le chaume de blé ou d'orge. On évalue actuellement de nouvelles approches en Ontario, au Québec et dans le Canada atlantique, des régions qui produisent d'autres cultures en misant sur des techniques culturales différentes et dans des conditions climatiques marquées par un taux d'humidité plus élevé.

En Ontario, on estime qu'environ 10 p. 100 du maïs, 50 p. 100 du soya et 75 p. 100 du blé sont produits en semis direct alors qu'au Québec, on n'a recours au semis direct que pour 20 à 25 p. 100 de la culture de soya et de céréales. Ces chiffres sont plus élevés si l'on tient compte des pratiques de travail minimum du sol. Même si la pratique du semis direct n'a suscité qu'un faible intérêt parmi les producteurs de maïs de l'Est du Canada, la technique gagne maintenant en popularité.

Selon la région et les conditions atmosphériques, les producteurs de l'Ouest canadien misent depuis deux décennies sur des pratiques culturales de conservation. Au Manitoba, où les premiers essais de techniques de semis direct ont eu lieu il y a 25 ans, la pratique a été adoptée dans les régions plus sèches de la province. C'est ainsi que des 12 millions d'acres cultivés, deux millions le sont à l'aide de systèmes de sol non travaillé.

En Saskatchewan, environ 50 p. 100 des superficies ensemencées, soit 16 millions d'acres, sont cultivées à l'aide de techniques de semis direct alors qu'en Alberta, la culture de quelque 27 p. 100, soit 7 millions d'acres, repose sur des pratiques de semis direct. Pour sa part, la Colombie-Britannique souscrit aux deux tendances puisque les producteurs de la région de Peace River favorisent des pratiques culturales de conservation semblables à celles adoptées par les producteurs des Prairies, alors que les producteurs des basses-terres du Fraser font face aux mêmes défis que leurs homologues de l'Est du Canada.

Les sols des Prairies ont perdu une bonne partie de la matière organique de la couche arable de temps après avoir été travaillés, explique Henry Janzen, chercheur scientifique spécialisé en biochimie des sols au centre de recherches de Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lethbridge. Il estime qu'entre 20 et 30 p. 100 de la matière organique du sol est ainsi disparue. « Une partie peut être récupérée en améliorant les pratiques de gestion », précise-t-il. « Dans quelques décennies, le stockage du carbone atteindra de nouveau un plateau ou un point de stabilité. »

L'adoption de techniques de travail de conservation ou d'autres pratiques visant à préserver la matière organique constitue un élément important d'un système agricole viable, indique-t-il. « La séquestration du carbone ne constitue qu'un volet parmi d'autres dans l'ensemble du processus. L'objectif premier est d'améliorer la résistance et la productivité de nos terres agricoles. »

Le PAGES appuie une large gamme de projets à l'échelle du Canada, dans le but de promouvoir la sensibilisation à des pratiques culturales qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le Conseil de conservation des sols Canada (CCSC) gère la composante du secteur de gestion des sols et des nutriments du programme. Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les activités du CCSC, veuillez consulter le site Web du Conseil à : www.soilcc.ca.


Pour plus de renseignements, communiquer avec :

Jérôme Damboise, coordonnateur
Centre de conservation des sols et de l'eau de l'Est du Canada
Téléphone : (506) 475-4040
Site Web: www.soilcc.ca