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Le taux d'éléments nutritifs en fonction des besoins des cultures : une pratique avantageuse sur les plans économique et environnemental

Indian Head (Saskatchewan), le 19 octobre 2004

Bien que les émissions d'oxyde nitreux causées par les pratiques agricoles courantes ne constituent pas un sujet de conversation courant dans la plupart des fermes, les producteurs devraient tenir compte de ce gaz à effet de serre étant donné qu'il a un effet sur les plans économique et environnemental.

Selon les spécialistes des sols et de l'environnement, si les agriculteurs de l'ensemble du pays pouvaient réduire au minimum les émissions d'oxyde nitreux, ils seraient probablement en mesure de rentabiliser au maximum l'argent qu'ils investissent pour fertiliser leurs terres. L'oxyde nitreux, l'un des gaz à effet de serre les plus nocifs, peut se former lorsqu'on laisse de l'azote résiduel dans le sol.

Bien que la quantité de gaz émise varie selon le climat dans les différentes régions du pays, on associe le plus souvent cette formation de gaz à l'azote excédentaire qu'on trouve dans les sols saturés d'eau, explique M. Doug McKell, directeur général du Conseil de conservation des sols Canada (CCSC). Cette situation peut se produire dans toutes les régions du pays, selon la saison ou les précipitations qu'on observe dans une année donnée. Le dosage des éléments nutritifs, c'est-à-dire l'adoption de pratiques de gestion qui permettent de faire concorder la quantité de substances nutritives assimilables et les besoins des cultures, est un outil important pour la réduction des émissions de ce gaz à effet de serre.

Pour obtenir des précisions sur les techniques de gestion qui permettent de réduire les émissions d'oxyde nitreux, rendez-vous sur le site Web du CCSC (www.soilcc.ca) et consultez les articles qui portent sur le Programme d'atténuation des gaz à effet de serre pour le secteur agricole canadien (PAGES). Lancé en 2003, ce programme fédéral d'une durée de trois ans a permis de mettre sur pied des dizaines de projets de démonstration sur les fermes, partout au pays, en vue de promouvoir l'adoption de pratiques de production efficaces et respectueuses de l'environnement.

Les conditions d'humidité élevée qu'on observe dans certaines régions du Manitoba et jusque sur la côte est du pays augmentent le risque de lessivage de l'azote et d'autres éléments nutritifs contenus dans le sol, mais font également en sorte que l'engrais libère de l'azote dans l'atmosphère. Ce processus, appelé dénitrification, entraîne une perte directe de l'argent que les producteurs ont investi pour fertiliser leurs terres. De plus, une partie de l'azote se perd sous forme d'oxyde nitreux, l'un des gaz à effet de serre les plus nocifs.

La dénitrification se définit comme la transformation des nitrates contenus dans le sol en azote gazeux, peu importe que ces nitrates proviennent d'engrais chimiques ou de fumier ou qu'ils soient fixés par les légumineuses. Bien qu'elle ne soit pas totalement inconnue, la dénitrification est une question à laquelle peu de gens sont sensibilisés dans les vastes régions de l'Alberta et de la Saskatchewan où on cultive les céréales et les oléagineux, et jusque dans la région de la Peace River, en Colombie-Britannique.

Il arrive souvent que les producteurs des Prairies craignent que leurs cultures en croissance n'aient pas suffisamment d'eau pour assimiler les éléments nutritifs dont elles ont besoin. Les stratégies en matière de fertilisation des cultures tiennent compte non seulement des besoins en éléments nutritifs des cultures pendant la saison de croissance, mais elles aident souvent à trouver des moyens de stocker l'azote excédentaire en prévision de la culture de l'année suivante.

En revanche, les producteurs des régions très humides craignent que la teneur en eau de leurs sols soit trop élevée et, dans bien des régions de l'Est du Canada où les températures hivernales sont douces, on considère l'azote résiduel comme un inconvénient. Le défi consiste à utiliser tout l'azote qui se trouve dans le sol au cours de la saison de croissance et à éviter ainsi les surplus d'éléments nutritifs, qui seraient probablement lessivés par les eaux de ruissellement ou de fortes pluies. Les producteurs des basses-terres de la Colombie-Britannique doivent faire face à des difficultés semblables.

Pour les producteurs, la dénitrification constitue une perte économique représentant entre deux et quatre livres de nitrate par acre par jour lorsque le sol est saturé. Les émissions d'oxyde nitreux peuvent représenter une perte variant d'une demi-livre à quatre livres d'azote par acre par année, selon l'humidité et la température. Ces chiffres s'appliquent aux champs dans lesquels on n'a pas épandu de fumier; ils sont probablement plus élevés pour les champs où on a épandu du fumier.

Cependant, les spécialistes de la fertilité des sols affirment qu'il est possible de gérer la dénitrification. Si les agriculteurs ne peuvent pas décider des conditions météorologiques, ils peuvent toutefois avoir recours à des techniques de gestion qui permettent de protéger l'azote et de réduire les émissions d'oxyde nitreux.

Le Programme d'atténuation des gaz à effet de serre pour le secteur agricole canadien appuie un large éventail de projets au Canada en vue de promouvoir la sensibilisation aux méthodes agricoles qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Le Conseil de conservation des sols Canada (CCSC) administre le volet du secteur visant la gestion des sols et des nutriments dans le cadre du programme. Pour obtenir un complément d'information sur les activités du Conseil, visitez le site Web du CCSC à l'adresse www.soilcc.ca.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec l'une des personnes suivantes :

Doug McKell, directeur général
Conseil de conservation des sols Canada
Indian Head (Saskatchewan)
Téléphone : (306) 695-4212

Jérôme Damboise, coordonnateur du programme
Centre de conservation des sols et de l'eau de l'Est du Canada
Grand Sault (Nouveau-Brunswick)
Téléphone : (506) 475-4040