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Une solution « pré et marée » pour améliorer le rendement des cultures

Le compost peut réduire la dépendance aux engrais chimiques

L'utilisation d'une combinaison de « déchets » provenant des exploitations avicoles et des usines de transformation du poisson avoisinantes semble aider un producteur de légumes de Terre-Neuve à obtenir un haut rendement de ses cultures et à produire des produits de haute qualité pour son marché provincial.

Du compost produit à partir d'un mélange de fumier avicole, de coquilles et de déchets d'usines de transformation de crabe s'avère être une source importante de nutriments pour les cultures, dans le cadre d'un projet de démonstration à la ferme de M. David Dwyer, dans la région de Shearstown, baie de la Conception. M. Dwyer répétera la démonstration sur approximativement deux acres de légumes en 2004. Ce projet s'inscrit dans une série de projets financés en partie par le Programme d'atténuation des gaz à effet de serre pour le secteur agricole canadien (PAGES) du gouvernement fédéral.

Le projet montre que le compost peut être une source importante de nutriments et réduire la dépendance aux engrais chimiques, plus dispendieux, explique M. Dwyer. Grâce à l'utilisation de l'analyse des sols et des nutriments du compost, il espère en venir à une meilleure gestion des taux d'application du compost cette année. « Nous devons mettre au point les taux, pour que la quantité de nutriments appliquée corresponde mieux aux besoins des cultures », précise-t-il.

Un éventail d'avantages

La démonstration permet de cerner des avantages qui vont de la réduction des coûts des intrants agricoles à des bienfaits pour l'environnement. Le fait de réduire les besoins d'engrais chimiques contribue à réduire la quantité de combustibles fossiles nécessaire au processus de production, et le fait de mieux faire correspondre l'application de nutriments aux besoins des cultures réduit le risque d'une trop grande application d'engrais. Ces deux mesures aident à réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, l'utilisation de fumier avicole et de déchets de la transformation du crabe dans le compost diminue l'incidence de ces matières sur l'environnement.

M. Dwyer a produit environ 12 tonnes de matériel composté en 2002 pour utilisation dans le cadre du projet de démonstration de 2003. La parcelle de terrain utilisée fait partie de sa ferme de production de légumes de 70 acres à Shearstown, une collectivité sur la côte est de Terre-Neuve située à environ 80 kilomètres de St. John's. M. Dwyer produit diverses cultures, notamment, la carotte, le chou, le rutabaga et la betterave, lesquelles sont vendues à la ferme et par l'intermédiaire de détaillants locaux.

Selon la culture, les besoins d'engrais chimiques varient entre 300 et 1 200 livres par acre par année. Toutefois, les déchets provenant des usines de transformation du poisson avoisinantes sont faciles à obtenir, précise-t-il. « Les usines achètent habituellement un permis pour pouvoir se débarrasser des déchets, soit dans une décharge, soit en les jetant dans l'océan », indique M. Dwyer. « Elles sont donc contentes de fournir gratuitement des coquilles et des déchets d'usines de transformation à la ferme, puisque ça leur évite d'avoir à débourser des frais pour obtenir le permis. »

Pour ce qui est du matériel de compostage, M. Dwyer a utilisé une proportion d'environ 30 % de déchets de crabe et 70 % de fumier avicole ou de fumier d'étable. Le matériel a été retourné trois fois sur plusieurs semaines et ensuite laissé en place pour l'hiver. Le compost produit l'été dernier sera appliqué à la terre ce printemps et incorporé dans le sol à l'aide d'une herse à disques.

Bon rendement et bonne qualité

Le rutabaga et le chou produits dans le cadre de la démonstration de 2003 étaient de première qualité, affirme M. Dwyer. « Les plantes étaient plus grosses et avaient une très belle couleur », précise-t-il. « Le compost a été le seul engrais utilisé sur la parcelle de terrain. »

Il souhaite étudier davantage les possibilités du compost en l'appliquant à une nouvelle variété de rutabaga qu'il a mise au point. Cette variété présente une résistance accrue à la mouche des racines, de même qu'à l'hernie, une maladie courante et coûteuse des cultures crucifères, comme le rutabaga. « Une nouvelle variété pourrait non seulement améliorer la production, mais également réduire le besoin de pesticides, ce qui est important pour les jardiniers de potagers, de même que pour les producteurs de cultures biologiques », indique M. Dwyer.

Au cours des prochaines années, on mettra l'accent dans les démonstrations sur la mise au point des taux d'application, et on étudiera la dimension économique du compostage, explique Mme Ann Marie Whelan, coordonnatrice sur le terrain pour le PAGES à Terre-Neuve-et-Labrador. Parmi les personnes qui aident au projet, on compte des spécialistes des sols et des cultures de la division de l'agroalimentaire du ministère des Ressources naturelles de Terre-Neuve-et-Labrador, de même que d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

L'analyse est importante

L'analyse des sols, du tissu végétal et des nutriments du compost comptera au nombre des technologies servant à déterminer les taux d'application adéquats. « Il sera également important d'évaluer la culture au moment de la récolte, notamment le rendement, la qualité et la capacité d'entreposage du produit », indique Mme Whelan.

M. Dwyer est persuadé que le compost peut être une source de nutriments importante pour la production de cultures légumières. Il aime le fait que le compost, en plus de contribuer à produire un produit de qualité, soit source de bienfaits pour l'environnement.

« Les facteurs économiques sont importants, et il sera intéressant de comparer le coût du compost avec celui de l'engrais chimique », affirme-t-il. « Même si je ne constate pas de rendement accru, il y a un autre avantage, celui d'accroître la quantité de matière organique dans le sol, ce qui améliore la qualité du sol et le piégeage du carbone à long terme. »