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Des tests aideront peut-être à peaufiner les besoins en azote du maïs

Les quantités de fertilisants habituellement recommandées sont peut-être plus que ce dont les récoltes ont besoin et que ce que l'environnement peut tolérer

Au cours des quelques prochaines années, l'évaluation de différentes analyses de l'azote du sol et de différents taux d'application de l'azote pourrait aider les agriculteurs de l'Ontario à réduire à la fois le coût des fertilisants et la quantité d'éléments nutritifs excédentaires pouvant avoir une incidence négative sur l'environnement.

Le projet, lancé en neuf endroits de l'Ontario en 2003, se poursuit pendant les saisons de croissance 2004 et 2005, selon Brian Hall, un spécialiste des grandes cultures du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario basé à Stratford.

D'après les résultats des essais de 2003, le taux optimal de fertilisants est inférieur aux recommandations habituelles que suivent la plupart des producteurs de maïs, a dit Hall. « Cela signifie peut-être que les producteurs peuvent réduire les taux d'azote et, en faisant cela, que le risque qu'un excédent d'azote s'infiltre dans le sol ou se perdre dans l'atmosphère pourrait diminuer », a dit Hall. Ce projet, financé en partie par le Programme d'atténuation des gaz à effet de serre (PAGES) pour le secteur agricole canadien du gouvernement fédéral, devrait fournir des réponses plus concluantes au cours des quelques prochaines années.

Hall travaille avec plusieurs producteurs et représentants de coopératives, comme Tim Borho, agriculteur du sud du comté Bruce, près de Walkerton. Environ six acres de maïs de son exploitation sont divisées en parcelles répétées d'une demi-acre pour les besoins de la recherche. La quantité d'azote dans le sol avant, pendant et après la saison de croissance ainsi que la quantité d'azote utilisée par les plantes sont mesurées à l'aide de plusieurs outils. Dans tous les emplacements, les parcelles ont été traitées avec des taux d'azote allant de zéro à 150 livres l'acre.

Limite pour les fertilisants

« Aux taux de fertilité les plus élevés, le rendement ne s'est pas amélioré », a dit Borho en faisant référence aux taux d'application allant de 100 à 150 livres d'azote par acre. « Le rendement a diminué lorsqu'aucun azote d'appoint n'a été appliqué, mais nous avons obtenu le rendement maximal à des taux se situant entre 50 et 100 livres par acre, ce qui montre qu'il y a une limite au bien que les taux élevés d'azote peuvent faire. »

Pour mieux comprendre les niveaux d'azote et les besoins des récoltes en éléments nutritifs, Hall procède à quatre analyses différentes de l'azote. Il se sert d'une analyse de l'azote du sol avant l'ensemencement, d'une analyse du sol en postlevée avant l'application de fertilisants en bandes, d'une analyse qui mesure l'azote des tissus du maïs vers la fin de la saison de végétation, appelée « test des nitrates dans les tiges de maïs », et d'une analyse du sol à l'automne.

Analyser l'azote aux différents stades pendant la saison de croissance donnera une meilleure idée de la quantité d'azote véritablement disponible et utilisée, a précisé Hall.

« À l'heure actuelle, la plupart des producteurs suivent les recommandations provinciales sur les besoins en éléments nutritifs des récoltes et tiennent compte aussi de la quantité d'azote qui se trouve dans le fumier qu'ils appliquent, a-t-il dit. Ce dont la plupart des producteurs ne tiennent pas compte, c'est de la quantité d'azote organique minéralisée dans le sol pendant la saison de croissance. »

Un producteur peut appliquer 100, 130 ou 150 livres d'azote juste avant les semis quand, en fait, ces taux sont peut-être trop élevés compte tenu de la quantité d'azote minéralisée dans le sol. Selon Hall, « c'est là que le test de nitrates utilisé avant la fertilisation en bandes joue peut-être un rÙle ».

Analyse peu utilisée

L'analyse du sol avant la fertilisation en bandes est effectuée au stade de quatre à six feuilles. Elle indique la quantité d'azote disponible dans le sol. Bien que ce test soit connu, il n'est pas largement utilisé par les producteurs de maïs.

Si cette analyse s'avère précise, cela pourrait signifier que les producteurs peuvent éliminer l'application de taux élevés d'azote avant l'ensemencement. Le taux de fertilisant de démarrage pourrait être inférieur à ce qu'il est maintenant, puis le test de nitrates effectué en postlevée recommanderait la quantité d'azote dont la récolte a besoin pour le reste de la saison de croissance. Dans ce projet de recherche, une solution d'urée et de nitrate d'ammonium à 28 p 100 (UAN) a été appliquée à l'aide d'un applicateur à coutres cannelés. Le fertilisant a été injecté dans le sol par des tubes fixés à des lames derrière les coutres. Le fertilisant a été appliqué à peu près à mi-chemin entre les rangs de maïs.

Vers la fin de la saison de croissance, au stade du point noir (maturité physiologique), le test de nitrates dans les tiges du maïs, utilisé dans certaines régions des États-Unis, sert à déterminer si la fertilité pendant la saison de végétation était suffisante pour que la récolte réalise son potentiel de rendement, a expliqué Hall.

De plus, une analyse du sol effectuée à l'automne montrera la quantité d'azote résiduel dans le sol à la fin de la saison de croissance.

Plusieurs avantages

« Vérifier les niveaux d'azote à ces différents points au cours des quelques prochaines années nous dira si les recommandations habituelles sont correctes, si le test de nitrates effectué avant la fertilisation en bandes est précis et combien il reste d'azote résiduel dans le sol aux différents taux de fertilisants, a dit Hall. Ces outils aideront peut-être les producteurs à réduire les taux d'application et le coût des intrants, ainsi que la quantité d'azote en excédent dans le sol. »

Il est important sur le plan environnemental de diminuer la quantité d'azote résiduel. L'azote peut s'infiltrer dans le sol et nuire à la qualité de l'eau souterraine. En outre, lorsque le sol est saturé d'eau, l'azote peut être transformé en ammoniaque au cours d'un processus appelé dénitrification et se perdre dans l'atmosphère sous forme d'oxyde nitreux, un gaz à effet de serre nuisible.

« En tant que producteurs, il est important que nous maîtrisions mieux les niveaux d'éléments nutritifs dans le sol, a dit Borho. Cela réduit le coût des intrants, et c'est mieux aussi pour l'environnement. Si nous ne faisons pas attention à ces questions, nous pourrions ne pas avoir de choix dans l'avenir. »