GHGMP Project Reports by Region

Injection de fumier préconisée pour améliorer la production et protéger l'environnement

En plaçant le fumier directement dans la zone racinaire, on fournit aux cultures des éléments nutritifs précieux

Le projet triennal, qui prévoit l'injection de lisier de porc directement dans le sol, a été mis sur pied afin de démontrer aux producteurs de l'Île-du-Prince-Édouard que cette méthode peut accroître les rendements des cultures et diminuer le coût des intrants tout en étant avantageuse pour l'environnement.

« Ce projet, qui a été lancé en 2003 et doit se poursuivre jusqu'en 2005, utilise un équipement d'injection monté à l'arrière d'une citerne à fumier standard pour injecter du lisier liquide de porc et de bovin laitier dans le sol, » explique M. William MacNeill, spécialiste en agriculture de précision et coordonnateur régional du Programme d'atténuation des gaz à effet de serre pour l'agriculture canadienne, du gouvernement fédéral, à l'Île-du-Prince-Édouard. L'injection de fumier est l'un des projets de démonstration financés partiellement grâce à ce programme, dans tout le Canada.

« On veut démonter la supériorité de l'injection du fumier par rapport à l'application traditionnelle par aéroaspersion », précise M. MacNeill, qui exploite également une ferme près de O'Leary. « Les principaux problèmes des systèmes d'épandage résident dans l'odeur et les pertes d'azote. »

Pertes d'azote

Même si la majorité des producteurs incorporent le fumier dans le sol après l'avoir appliqué par aéroaspersion, il subsiste néanmoins des pertes d'azote importantes. La perte moyenne lorsque le fumier est incorporé dans un délai d'une journée est de 25 p. 100, mais ce pourcentage passe à 35 p. 100 environ si l'on met trois jours pour l'incorporer et atteint 50 p. 100 au bout de cinq jours. L'azote perdu dans l'atmosphère retourne éventuellement à la terre et s'ajoute aux concentrations d'azote dans le sol qui, par un processus appelé dénitrification, peuvent se perdre à nouveau dans l'atmosphère sous forme d'oxyde nitreux, un gaz à effet de serre dangereux.

Les pertes d'azote sont de 5 p. 100 ou moins avec les systèmes d'injection du fumier.

Un injecteur à lisier Kuhn a été installé sur une citerne à lisier fourni par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) à temps pour une utilisation limitée en 2003, selon M. MacNeill. « Il s'agit d'un essai de portée limitée, mais nous avons observé une amélioration des rendements de l'orge et une diminution des odeurs dans le cadre du projet » a-t-il précisé.

Quatre projets de démonstration

En 2004, l'équipement a été utilisé à deux endroits. Dans l'un des projets, du lisier de porc a été injecté dans le sol pour fertiliser un champ de pommes de terre. Dans l'autre projet, on a injecté du lisier de porc, à la fin de l'été, dans du chaume d'orge après la récolte.

L'injecteur de 11 000 $ est muni de neuf dents de vibro-culteur espacées d'un pied. Des socs décalés sont placés devant les dents pour découper les résidus de culture. Une herse, située à l'arrière de l'injecteur, nivelle les bosses et recouvre le fumier qui a été laissé à la surface du sol.

Dans le cadre du projet de l'Île-du-Prince-Édouard, le lisier est injecté à une profondeur de six à huit pouces, en fonction de la culture.

Analyse des éléments nutritifs

Selon M. MacNeill, un aspect important du projet concerne l'analyse des sols et les éléments nutritifs de sorte que les taux d'application de fumier correspondent mieux aux besoins des diverses cultures. « Nous voulons éviter d'appliquer trop d'éléments nutritifs », a-t-il précisé. Le lisier appliqué à un taux d'environ 3 000 gallons l'acre constitue à peu près la norme.

« Après avoir analysé les sols et les éléments nutritifs, nous saurons s'il faut adapter les taux d'application », fait-il remarquer. « Cela signifie peut-être peu de changements dans le taux d'application du fumier, mais une diminution de la quantité d'engrais chimiques. »

Les sites de démonstration seront suivis contrôlés pour évaluer la réduction des odeurs, les pertes d'ammoniac et le rendement des cultures. « Nous évaluerons également l'aspect rentabilité de l'injecteur. Cet équipement représente un investissement important, mais nous évaluerons les gains potentiels liés à l'augmentation du rendement et à la diminution des besoins en engrais, de même que la possibilité que plusieurs producteurs en partagent la propriété », conclut M. MacNeill.